Un lieu, cinq décennies de travail
En 1934, Casimir Reymond achète l'atelier du Chemin de la Toffeyre, à Lutry. Il y travaille jusqu'à sa mort, en 1969. Les caryatides du Tribunal fédéral, La Vendangeuse du Denantou, le Monument à César-Roux, les statues de Beaulieu — tout en est sorti.
Y sont restés les moulages, les plâtres préparatoires, les outils. Les cahiers et les esquisses. Les bustes commandés et ceux qu'on n'a pas voulus. C'est ce fonds qui, à la mort de l'artiste, a constitué le cœur de la Fondation Casimir Reymond.
L'atelier est aujourd'hui le siège social de la fondation. Il n'est pas ouvert au public au quotidien — mais il se visite, sur demande, lors de journées exceptionnelles.
Matière et mémoire
Entrer dans l'atelier de Reymond, c'est pénétrer dans un silence travaillé. Les plâtres empilés sur des étagères de bois, les moulages posés au sol, les esquisses dans des chemises de papier : tout ce qui fait la traversée d'une œuvre — les essais, les corrections, les pièces abandonnées — est là, tel que Reymond l'a laissé.
Il n'y a pas de mise en scène. Pas de vitrine. L'atelier n'est pas un musée — c'est un lieu de travail, suspendu. La poussière, la lumière, l'ordre imparfait : tout contribue à ce sentiment de présence. Reymond est encore là, d'une certaine manière.
« Pour que la mémoire d'un artiste vive, il ne suffit pas que son œuvre survive. Il faut que le lieu où elle a été faite continue à exister. »
Ce que contient l'atelier
La fondation recense dans l'atelier plusieurs centaines de pièces, de natures très diverses :
- Les plâtres préparatoires des grandes commandes monumentales (caryatides du Tribunal fédéral, statues de Beaulieu, Monument à César-Roux, La Vendangeuse).
- Les terres cuites tardives — nus féminins de petit format, rarement exposées du vivant de l'artiste.
- Les cartons et maquettes des vitraux réalisés dans une quinzaine d'églises vaudoises.
- Des peintures, aquarelles et monotypes de la fin de vie.
- Les carnets de croquis, la correspondance avec Marcel Poncet, Charles Clément, Félix Vallotton — un fonds documentaire exceptionnel étudié dans la monographie Infolio (2010).
- Les outils : gouges, ciseaux, ébauchoirs, marteaux. Intacts.
Visiter
L'atelier n'est pas ouvert au public de manière régulière. Des journées exceptionnelles sont organisées chaque année par la fondation, en général au printemps et à l'automne. Les amis de la fondation sont prévenus en priorité.
Pour toute demande de visite en petit groupe (chercheurs, étudiants, institutions), écrire à contact@fondationcasimirreymond.ch.
